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Art de rue ou sabotage urbain ?

L’art qui nous entoure est subjectif : on l’aime ou on le déteste. Cependant, il ne faut pas confondre art de rue et sabotage urbain. Mais qu’entendons-nous par là ? N’est-ce pas purement subjectif comme approche ? Je vous emmène en voyage vers quelques œuvres pour le découvrir !

Quand l’art de rue nous entoure

Ne bougez plus ! Vous êtes cernés ! Oui, cernés par l’art de rue 🙂 Il est tout autour de vous. L’art peut être utile, comme servir de nobles causes, ou il peut simplement être visuel (et servir le plaisir des yeux). Mais attention à ne pas tout prendre pour de l’art non plus. Certaines créations ont uniquement été fabriquées pour servir au quotidien (genre le papier toilette !) et pas pour être « beau ». À moins que vous ne trouviez que le papier toilette soit si beau que vous le mettiez sous verre…

Je suis sûre que vous déjà vu des œuvres de rue. Soit belles, soit hideuses, soit qui vous rendent complètement indifférent. C’est aussi cela le pouvoir de l’art. Tant que cela provoque une émotion, l’artiste a réussi son pari. Il importe peu, pour le véritable artiste, que vous détestiez son oeuvre. Au contraire. Si elle suscite une quelconque réaction, c’est qu’elle vous a touchée. C’est l’intention de l’artiste. Il faut que l’oeuvre vous parle.

femme qui pleure Rooky
Art de rue – Rookie

La peinture de rue est le sabotage urbain le plus courant

C’est ainsi qu’au fil des rues, l’on croise de plus en plus de graphitis en tout genre. Il est donc de plus en plus courant que les « artistes » souhaitent se montrer et afficher leur art de rue un peu partout. Mais peut-on réellement parler d’art quand de pâles copies d’artistes prônent un sabotage urbain de masse ?

Car beaucoup d’œuvres ornent les murs de nos villes, de nos campagnes. N’avez-vous pas déjà remarqué que nombre de tags peinturlurent les ponts ? Quelques coups de bombes, et les saccageurs se croient artistes ! Certains pensent sans doute que quelques rares personnes vont apprécier leur « travail ». Mais un dessin / nom tracé main levé, sans même un seul pochoir n’est pas de bon goût. Et je pense parler au nom de tous 🙂

La perte d’une oeuvre à cause de sabotage

Il y a quelques temps, un restaurant pas loin de mon travail a engagé un artiste, Rooky (impossible à retracer sur internet), pour repeindre leur débarras de l’autre côté de la rue. Cet artiste a donc repeint deux façades. La première, c’est la femme qui pleure, une Audrey Heburn revisitée, que vous pouvez voir au-dessus. La seconde façade, elle, a été repeinte avec les couleurs de Lyon… avec un bel hommage à Paul Bocuse. Je vous laisse admirer l’oeuvre, qui était presque terminée lors de ma photo pour immortaliser cet instant.

Seulement voilà quelques semaines que le Bocuse de Rooky a été saccagé. Quelqu’un a écrit à la bombe sur cette oeuvre murale des insultes… Le restaurant a donc fait repeindre le mur de couleur unie. Qui a été tag quelques jours après… Vous serez d’accord que l’on ne peut pas qualifier cela d’art de rue. Le sabotage urbain n’a ni de limites, ni de respect.

art de rue Rooky et Bocuse
Paul Bocuse – Rookie – Malheureusement effacé à ce jour 🙁

Il était une fois le Street Art

L’art de rue existe depuis des dizaines d’années (voire bien plus selon nos archéologues 🙂 ) et il est parfois très difficile d’être reconnu par le public mais également par ses pairs pour un artiste. Surtout que le street-art n’est à l’honneur que depuis peu, auparavant considéré comme un dégât urbain.

Œuvres architecturales & art urbain

Dans l’art du sabotage urbain, les immeubles se placent bien là ! On ne compte plus le nombre d’horreur qui pousse chaque jour, dans le monde entier. Et oui, si encore le grotesque était cantonné à une seule et même ville… on réduirait l’impact artistique ! Mais ce n’est pas le cas. Parfois, au détour d’une rue, vous tombez sur un immeuble qui ne ressemble à aucun autre. Qui déteint complètement avec le reste du paysage urbain. Vous vous demandez même comment la mairie a pu autoriser cela parfois…

Cependant, on a beau dire que cela est virtuosement hideux, certains immeubles, même s’ils ont l’art d’être étranges, sont bien conçus. Pour exemple, la RATP de Paris et EDF possède quelques (faux) immeubles. Comment ça des faux me direz-vous ?! Ces façades abritent en réalité des bouches d’aération de métro ou encore des transformateurs. Et certaines de ces façades ont même été déguisées en trompe l’œil afin de cacher leur véritable fonction. Du grand art de rue comme on peut le lire dans cet article du Figaro.

L’insolite au détour des rues

D’autres sont plus insolites et ont été construits bien avant que tout soit régi par des mairies très tatillonnes. Lorsque j’étais à Paris, et que j’habitais dans le XVème arrondissement, je passais obligatoirement par l’immeuble Lavirotte pour aller à mon travail et imaginais toute sorte de choses lugubres dans celui-ci ! C’est du bel art contemporain, mais est-ce qu’à l’époque les gens se sont aperçus qu’il prêtait plutôt à confusion au niveau connotation… ? On aime ou l’on n’aime pas, le sculpteur a passé quand bien même beaucoup d’heures pour réaliser cette façade encore restaurée de nos jours.

Avant d’habiter à Lyon, j’habitais à 200 mètres de la Fondation Louis Vuitton, à Neuilly-sur-Seine. Cet établissement, tel un bateau surgissant de nulle part, se fond plutôt bien dans le paysage. Alors, oui, on le voit de loin, mais avec le featuring Daniel Buren en 2016/2017, le bâtiment s’est paré de treize couleurs sur les verrières. Avec ce jeu de couleur, les « voiles » du bâtiment de Frank Gehry ont donné vie à l »‘observatoire de la lumière ». Une belle prouesse artistique !

fondation Louis Vuitton
Fondation Louis Vuitton à Neuilly sur Seine

Il existe également certains artistes comme Inthewoup qui ponctue nos rues de petites œuvres pixellisées et qui pourtant, ne gâchent pas le paysage ! C’est certainement très subjectif encore une fois, mais je trouve que nos rues toutes tristes reprennent un peu vie avec ces petites touches qui nous rappellent notre enfance.

Œuvres d’art en tout genre

Le Palais idéal du facteur Cheval est l’une de ces œuvres insolites. Je ne savais pas trop où le placer, soit en tant qu’oeuvre architecturale, soit en tant qu’oeuvre d’art, tout simplement. Ce n’est pas tout à fait un art de rue, mais plutôt de jardin finalement !

Cette oeuvre monumentale située à Hauterives dans la Drôme, ce Palais construit par un simple facteur ne s’inspire de rien, sinon de ses rêves. Ferdinand Cheval rapportait des pierres tout au long de ses tournées pour livrer le courrier, et construisait petit à petit, dans son jardin, une oeuvre gigantesque qui a fait rêvé les artistes surréalistes. Là encore, il serait difficile de voir là un sabotage urbain tellement la passion de cette construction a pris 33 ans à cet homme !

Vous avez également les œuvres d’art permanentes et les œuvres d’art éphémères. Dans cette dernière catégorie, on pourrait parler de la Fête des Lumières 2019 par exemple. Cet art de rue lumineux ne durent que quelques jours, mais le travail artistique derrière est volumineux. L’organiser prend un temps fou, et pourtant, l’émotion est au rendez-vous.

L’art de rue, une question de réflexion ?

Peut-on donc en conclure, d’après toutes ces belles œuvres et ces gâchis que l’art requiert un minimum de potentielle réflexion ? Serait-ce la base de toute oeuvre, quelle qu’elle soit ? Et vous, qu’en pensez-vous ?

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