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Zoo Art Show 2018 : Ma visite de l’exposition éphémère à Lyon 6

Je vous emmène aujourd’hui dans le 6ème arrondissement de Lyon, plus exactement au 61 rue de Créqui. Les quartiers chics et très calmes de cette partie de Lyon accueillent en ce moment le ZOO ART SHOW.

Cette exposition éphémère est ouverte depuis le 2 juin jusqu’à fin septembre 2018, soit dans quelques jours. Si vous ne l’avez pas encore faite, allez-y vite, elle vaut le détour !

Dépêchez-vous car il n’y a pas de prolongations !

40 artistes urbains ont pu ainsi travailler pendant près de 8 semaines au sein de cet espace de près de 600m² sur trois étages pour nous présenter leurs œuvres abouties.

L’histoire des lieux

Ancien centre de formation de la Croix-Rouge pendant presque 10 ans, cet établissement a fermé en mai 2017 pour être réhabilité. La société FOLKS, agence de production artistique lyonnaise, en a donc profité pour pouvoir se servir des locaux à des fins purement promotionnelles (anciennement Les Cinq : agence de communication). 80 personnes ont ainsi pu travailler pendant toutes ces semaines à la réalisation de cette exposition.

Cette société lyonnaise a été fondé par Antoine Roblot et Philippe Rechsrath en 2010. Ils souhaitent mettre en lumière cet art de rue inconnu du grand public. C’est pari gagné que d’avoir ouvert Zoo Art Show. Cette exposition a ainsi pu accueillir près de 2 500 personnes durant le premier week-end d’ouverture au public. La semaine étant consacrée à la privatisation d’événements permettant de payer cette ouverture au public gratuitement sur le samedi et le dimanche pendant toute la durée de l’exposition.

Ainsi, par exemple, la SACVL (Société Anonyme de Construction de la Ville de Lyon) a pu privatiser le lieu du 25 au 29 juillet pour organiser sa « Ruée vers l’Appart » où près de 1 500 personnes se sont réunies pour pouvoir décrocher l’appart (en achat ou en location) de ses rêves. Formidable initiative !

ZOO ART SHOW : l’antre de la bête

ours Zoo Art Show 2018

Lorsque l’on arrive devant les lieux, on se demande si c’est bien là.
Il y a quelques barrières, une grande porte ouverte, et pourtant, des personnes qui s’agglutinent à l’entrée.
On se regarde, on se demande si c’est bien là…
Et puis on franchit le pas !

On s’extasie « bêtement » à l’entrée. D’où l’agglutinement…

Cette première pièce ne contient pas grand chose pourtant. Ici, pas de véritables animaux dans une cage, je vous rassure. On arrive devant un comptoir énorme, une partie sur la droite avec deux oeuvres taille humaine et dans l’autre partie, quelques oeuvres végétales de l’autre côté du « bar » où sont postées quelques personnes. Le hip-hop américain commence à résonner en ces lieux, tant au style de ceux-ci, tant au niveau sonore : une bande son permet de s’immerger complétement en son sein.

Je décide donc, après m’être extasiée devant les premières œuvres, dont une gigantesque tête de T-Rex, d’avancer sur l’espace du rez-de-chaussée et de voir ce qui m’amène ici, avant de grimper l’escalier de pierre en colimaçon. Quel cachet !

La première partie de l’exposition est délimitée sur ce premier plateau qui officie comme un grand parking. Des places ont été graffées et le marquage au sol est amusant. Chaque oeuvre est ainsi délimitée. On est au cœur d’un véritable portfolio artistique grandeur nature ! Le son hip-hop n’est pas assourdissant en soi, mais permet de combler le silence de ce lieu qui aurait pu sembler pesant. Autant il peut accueillir foule, autant s’entendre marcher comme dans un musée ou à la Cathédrale Saint Jean et ne pas faire de bruits n’aurait pas coller à l’univers street art proposé.

Les murs s’offrent comme des toiles géantes sur lesquels les pinceaux et jets de bombes se sont exprimés par leurs créateurs.

Découverte du 1er étage

Le second plateau, au 1er étage, a sa propre scénographie. C’est un terrain de basket géant ! Cette pièce est surtout réservée au street art, le pur, le dur, tel que l’on peut se le représenter.

Zoo Art Show 1er étage

Le « salon bourgeois »

Une pièce au style de salon bourgeois, attenante à ce plateau, permet de découvrir la skatogravure (oui, oui, vous avez bien lu, mais ce n’est pas ce que vous croyez !) d’Osru. Il officie là, devant nous, et fait sécher ses œuvres sur un grand fil à linge. Il grave des planches de skateboards en bois, ajoute la couleur et les presse sur de grandes feuilles de papier blanc. Ou l’art de la presse à gravure revisité.

Zoo Art Show salon

Le deuxième et dernier étage propose un salon type jardin tropical d’environ 150 plantes réparties sur 350m². Le Zoo Art Show nous transporte en Amazonie. Hélas, lors de ma visite ce dimanche-là, impossible d’y accéder. Cet étage n’est accessible qu’avec une personne de l’organisation. Il s’agit de respecter les conditions d’exploitation de la mairie.

Parmi les artistes présents au Zoo Art Show 2018

Stom500

Les connaisseurs du street art lyonnais peuvent y apercevoir du Stom500 dont les animaux aux regards loufoques n’ont plus de secrets pour lui. Je vous invite à aller voir son Instagram. Ces petites souris me rappellent drôlement Twitch de League Of Legends. Peut-être un fin connaisseur ? 😀

Agrume et Stom500

Agrume

L’oeuvre de droite est une vision d’Agrume. Pas un fruit, non. L’artiste. Après un petit tour sur la page Instagram d’Agrume, on peut y voir nombre de « portraits » où le jeune homme est continuellement masqué par quelque chose…

Son art a évolué au fil des ans sur les murs de sa ville d’adoption, et nous permet à présent de voir la finesse de ses traits. Cette fresque très réaliste où le jeune homme a l’air de véritablement se faire agresser par des oiseaux me rappelle un certain film… Pas vous ?! Le Zoo Art Show promettait de belles surprises, nous y voici.

Et tant d’autres… 40 artistes en fait !

brusk et ema xp

D’autres artistes tels que le plasticien Brusk que l’on peut voir ci-dessus ou Laurent Claveau, dont la finesse et le pastel de son art m’ont permis d’avoir une autre vision du street art. Moi qui pensais que le street art n’était composé que de couleurs flashys…c’est raté ! Le site web de Laurent Claveau vous permettra d’aller voir ses oeuvres personnifiées.

Laurent Claveau

Les Birdy kids sont également de la partie. Ce collectif d’artistes de street art, a été d’abord composé par deux frères, Guillaume et Gautier. Ils travaillent principalement à Lyon depuis plusieurs années, et leurs travaux ne sont plus à démontrés. En effet, on les voit partout ! À Paris, à Barcelone…

Même mon employeur a sa porte de bureau colorée de pioupious détonants ! C’est pour vous dire…

Birdy Kids

Un petit dernier pour la route : AéRo

Une étrange fresque murale dont on croirait qu’elle sort tout droit de la planète des singes. Je suis restée plusieurs minutes devant ce mur à contempler les couleurs, la qualité et la nature de l’oeuvre. Le potentiel du Zoo Art Show nous permet de connaître des artistes de rue (entre autres) que l’on n’aurait pas forcément cotoyer. L’art inspire et rapproche les gens, de tous milieux.

Voyez plutôt vous-même :

Aero

Et pour finir…

Cette exposition, même si elle fut courte (en terme de temps, pas d’oeuvres) m’a permise de découvrir de grands Artistes qui excellent dans leur art. Ce milieu est assez peu perçu comme « culturel » et tend, enfin, de plus en plus vers une reconnaissance du grand public.

Non, mesdames et messieurs, le street art n’est pas du gribouillage et encore moins de la dégradation. Au contraire.
De véritables oeuvres ont pu voir le jour grâce aux réseaux sociaux et l’univers du street art n’en est plus à ses balbutiements. Ces artistes peuvent réellement en vivre à présent.

Ces expositions sont bien trop rares pour amener le public à voir le street art comme une branche réelle de l’art moderne. Cependant, le monde s’ouvre peu à peu grâce à des sociétés comme Folks et qui apportent l’art jusque dans nos appartements. La rue vient à nous !

De plus, du point de vue utile de ceux qui douteraient encore que le street art ne rime pas avec déchet, les fonds des oeuvres mises en vente seront reversés à la fondation France Répit (aide au logement des familles de personnes hospitalisées).

Si vous ne pouvez vous y rendre, rassurez-vous. Les fondateurs de ce pari un peu fou ont vu grand. Ils comptent récidiver l’année prochaine, à l’instar des Nuits sonores qui est devenu un véritable rendez-vous lyonnais.

Toutes les informations complètes sur cette exposition son bien évidemment disponibles sur leur site officiel.

Rendez-vous à l’édition 2019 du Zoo Art Show !

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