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Parc de la Tête d’Or : balade au sein d’un écrin artistique !

L’été est souvent synonyme de chaleur. En effet, le tout-venant recherche l’ombre, la fraîcheur et le repos pendant ces périodes de canicule. Cet été 2018 n’échappe pas à la règle, en étant le second dans l’Histoire météorologique à être le plus chaud ! Pourquoi ne pas prendre le frais dans le plus grand parc de la ville, de France même, au parc de la Tête d’Or ?

Je sens que vous allez me demander : « mais pourquoi devons-nous lire une énième histoire de ce parc ? » Peut-être parce que vous allez le découvrir sous un nouvel angle ! En effet, et vous le comprendrez en lisant cet article, l’art est partout au sein de ce parc. Mais avant tout, retraçons son histoire afin d’en découvrir toutes les facettes.

Prenez votre inspiration, c’est parti !

Le commencement de l’histoire du parc de la Tête d’Or

En effet, le parc de la Tête d’Or est le plus grand parc urbain de France. Construit en 1856 à l’époque où Central Park a également vu le jour, il a été pensé par les frères Bühler, illustres paysagistes de leur époque. Ce sont eux qui se sont, par exemple, occupés du jardin du musée d’Allard, du parc bordelais, du jardin botanique de Bayeux ou encore du parc du Château d’Abbadia.

Durant cette époque, les canuts – ces fameux ouvriers tisserands de la soie sur les machines à tisser en pays lyonnais – étaient pour la plupart au chômage. Plusieurs révoltes eurent lieu à cause de leurs conditions de travail et des modifications de celles-ci. Citons notamment le remplacement des métiers à tisser à bras par des métiers mécaniques. On leur a donc proposé de participer au rayonnement de leur ville en aidant celle-ci dans ses projets. Cela a permis d’apaiser les tensions des chômeurs-canuts en leur attribuant un revenu et une occupation.

Environ 3 000 d’entre eux ont ainsi été mobilisés pour déblayer une partie du parc en cours de création. Cela a ainsi permis l’élaboration du lac tel qu’on le connait aujourd’hui. Toute cette terre a contribué à la construction des digues sur les quais du Rhône.

parc de la tête d'or

Mais pourquoi Tête d’Or ?

En creusant, l’un de ces canuts – toujours d’après la légende – aurait découvert une tête de Christ en or. Celle-ci aurait été cachée ici-bas au Moyen-Age par des barbares. N’ayant pu la cacher auprès de ses comparses (j’imagine qu’il ne pouvait pas la mettre dans ses poches !), ceux-ci ont commencé à se quereller violemment. Cette tête en or commença à pleurer et le lac a s’est rempli comme cela, tout en enterrant la tête de nouveau. La légende n’a jamais été prouvée vu qu’aucune tête n’a été retrouvée… et ce n’est pas la tête de cheval dévoilée au public dernièrement qui va nous prouver le contraire !

A cette époque, Napoléon III a souhaité doter les grandes villes de parcs. Il a ainsi été conçu pour offrir aux habitants un poumon vert (certes artificiel) de bien-être, et fut achevé en 1861. On pouvait même y circuler en voiture ! D’ailleurs, au tout début de son ouverture, les voitures circulaient et dérangeaient fortement les piétons. Jusqu’au jour où ce fut l’accident de trop. Le maire décida d’instaurer un système de plaque métallique avec numéro d’identification à l’entrée du parc. C’est un peu comme un ticket d’entrée afin de contrôler chaque contrevenant au sein du parc. Le système alors mis en place fut étendu à l’ensemble de la ville et bientôt au territoire national. C’est comme cela qu’est née l’immatriculation automobile ! Le saviez-vous ?

Les amoureux des bancs publics

A l’origine, il n’y avait également pas de clôture autour du parc de la Tête d’Or. N’importe qui pouvait s’y rendre de jour comme de nuit et les autorités ont commencé à s’en inquiéter. Non pas à cause des fêtards nocturnes mais surtout à cause des dégradations. Citons par exemple le vol des bancs publics, des plantes ou même pire, des plumes d’oiseaux ! Oui, vous avez bien lu !

Le Maire a donc décidé de mettre en place des clôtures vers 1897. Cependant, les riverains mécontents ont tout détruit… Leur rivalité dura quelques années, jusqu’à la mise en place d’un muret rehaussé de grilles. À cela s’ajouta une haute grille pour les trois entrées. Il y en a sept à présent.

Bien évidemment, cela n’a jamais empêché les personnes d’enfreindre ce couvre-feu. Néanmoins, plus aucun vol de bancs n’a été déploré depuis ce jour. La grille monumentale de la Porte des Enfants du Rhône a été fabriquée par Charles Meysson en 1898 pour un concours lancé par la ville de Lyon. Ce jeune architecte deviendra l’architecte en chef de la ville. La grille « est un seuil symbolique, un monument invisible qui n’est ni dans la ville ni dans le parc et qui représente un intermédiaire entre l’architecture minérale de l’époque (alliance du Rocaille) et végétale (motifs floraux) ». Elle est actuellement en réfection et ne devrait plus tarder à vous remontrer sa belle bouille !

porte des enfants du Rhône

Le parc de la Tête d’Or aujourd’hui

Le parc aujourd’hui contient énormément, tant au niveau culturel, qu’au niveau botanique et animalier. Comme nous l’avons dit plus haut, il s’agit du plus grand parc urbain de France et mesure 117 hectares de superficie. Il est même classé aux Monuments Historiques ! A l’intérieur se trouvent donc une serre, une roseraie, un zoo, des sculptures disséminées, un lac et ses embarcations, un vélodrome, etc.

Commençons par le lac

Nous n’allons pas parler de Julien Doré mais bel et bien de ce beau lac artificiel de 16 hectares au cœur même du parc de la Tête d’Or. Le lac a été étanchéifié à l’époque de sa construction avec de l’argile de la Dombes.

Auparavant, il était auto-alimenté par l’eau du Rhône. Mais après pas mal de travaux, et maintenant, puise l’eau dans les nappes phréatiques avec des pompes.

Vous pouvez y faire du pédalo, de la barque, mais ne vous y trompez pas, vous ne pourrez pas vous y baigner ! Non pas à cause de la pollution de l’eau mais surtout qu’il n’y a aucun aménagement prévu pour cela. Attention donc aux amendes !

Un vélodrome se trouve sur l’une des îles de ce lac. Il a été construit en 1894 à l’occasion de l’exposition universelle. Il faillit finir transformé en terrain de jeu par Édouard Herriot en 1909 mais se perpétuera et sera finalement renové en 1934. En 1989, Jeannie Longo y a remporté deux titres de championne du monde et cette longue piste en béton accueille encore de nos jours des compétitions internationales.

lac du parc de la tête d'or

Continuons par le jardin botanique

Le jardin botanique était à l’origine sur les pentes de la Croix-Rousse, quartier qui n’était pas encore rattaché à la ville de Lyon. Il deviendra le « Jardin de l’Impératrice » en 1805 en l’hommage de Joséphine de Beauharnais qui avait fait don d’une partie de sa collection de plantes exotiques. Or, ce jardin fut ravagé en 1853 par un ouragan. Le sénateur de l’époque décida de le déplacer. Il profita de la création du parc de la Tête d’Or pour l’y implanter et créer par la même occasion, un jardin d’hiver. Les serres qui comprennent aujourd’hui les plantes carnivores. Les Grandes Serres seront elles, construites en 1880.

Hormis les serres des plantes tropicales, il y a également les roseraies. Pourquoi « les » roseraies ? Parce qu’il y en a 3 ! Elles comptent environ 30 000 rosiers implantés. Joséphine aurait adoré !

parc de la tète d'or serres tropicales

Vous avez la roseraie historique au sud-est, la roseraie de concours vers le centre-sud et la grande roseraie au nord-ouest du parc de la Tête d’Or. La roseraie historique comprend des rosiers sauvages et retrace leurs histoires au fil des siècles. La roseraie de concours est dédiée à la création de nouvelles variétés. Elle y accueille le siège de la Société Française des Roses où chaque année, se tient le concours international des Roses Nouvelles de Lyon. Et pour terminer, il y a également la Grande Roseraie qui fut inaugurée par Grace Kelly en 1964. Celle-ci contient pas moins de 10 500 rosiers à elle seule, d’où son nom.

Des activités pédagogiques, ludiques et culturelles sont organisées régulièrement tout au long de l’année dans ce jardin botanique du parc de la Tête d’Or. Les enfants en ressortent ravis !

parc de la tête d'or roseraie de concours

Et terminons par ce que je préfère (ou pas !), le zoo !

Ce titre est tout à fait ironique, comme vous l’aurez compris ! J’abhorre ces cages renfermant des animaux malheureux et n’y ai donc jamais mis les pieds mais ceci est une autre histoire… Nous ne débattrons pas sur ce sujet aujourd’hui.

A l’époque de sa création en 1858, il s’agissait tout d’abord d’une espèce de ferme pédagogique. Son accès a toujours été gratuit et cette ménagerie s’est agrandie peu à peu, tout d’abord avec oiseaux et ensuite avec des oursons.

Je ne pourrai donc pas vous dire comment est ce zoo à présent mais d’après ce que j’ai lu, il y aurait eu un boom de naissances en 2009. Vous y trouverez donc beaucoup d’animaux d’Afrique (enfin qui sont d’origine, mais qui n’y ont jamais vécu !) comme des girafes, des panthères, des lémuriens… le tout sur 8 hectares. Il s’y trouve environ 400 animaux, dont 149 mammifères, 122 oiseaux, 71 reptiles et 100 tortues de Floride (les chiffres ont dû évoluer depuis).

Le zoo du parc de la Tête d’Or participe au programme européen des espèces menacées (EEP). Il est membre permanent de l’association européenne des zoos et aquariums (EAZA). Même si la fréquentation est ostensiblement difficile à mesurer à cause de sa gratuité, il accueillerait plus de 3 millions de personnes chaque année !

Bien entendu, vous pouvez également observer de sublimes petits animaux en liberté au sein du parc. Il y a des oies, des canards ou encore de petits écureuils ! Ou encore aller voir notre article sur le Zoo Art Show 2018, qui lui, ne présente pas d’animaux vivants ou en voie de disparition à cause de l’Homme !

animaux du parc de la tête d'or

Le parc de la Tête d’Or : un parc tourné vers l’avenir depuis longtemps

Le parc de la Tête d’Or est tourné vers l’avenir depuis fort longtemps. Depuis un peu plus de 18 ans, le parc n’utilise plus de produits industriels pour sa conservation, ni de pesticides ou de produits chimiques. Monsanto-Bayer n’est pas le bienvenu au parc de la Tête d’Or ! Cette gestion écologique du parc se fait depuis l’instauration d’une charte sur la nature. Le parc de la Tête d’Or a été dans les premiers à la mettre en place afin de préserver l’environnement des effets nocifs.

Ainsi, le paillage et l’utilisation d’insectes pour les plantes sont réguliers. Et oui, les coccinelles ont leur petit rôle dans cette préservation. Elles chassent les pucerons, les cochenilles ou encore les acariens par exemple ! N’aviez-vous pas remarqué que depuis quelques années, les hôtels à insectes font fureur ? Le parc de la Tête d’Or, lui, l’avait bien compris avant ! Bien sûr, il y a bien d’autres insectes utiles. Et un insecticide pourrait tous les tuer, peu importe s’ils saccagent vos plantations ou s’ils les aident. Et cela serait dommage de tuer les petites abeilles des ruches pédagogiques !

L’écologie avant tout !

Le système d’arrosage du parc est également écologique. En effet, es jardiniers font extrêmement attention à la consommation d’eau pour chaque plante. Ils les arrosent du juste nécessaire. En effet, la ville de Lyon participe au programme de Gestion Raisonnée de l’Arrosage automatique Lyonnais (GRAAL), en maîtrisant les consommations. Beaucoup d’autres moyens pour limiter celles-ci sont mis en place. On salue cette initiative dans l’ère du temps où le gaspillage devient intolérable.

De même, la gestion des déchets au sein du parc est maîtrisée. Citons par exemple, la production de moins de déchets, compostage des déchets verts, collecte sélective… N’aviez-vous pas remarqué qu’aucune voiture « normale » ne circulait dans le parc ? Et oui ! La police roule en véhicule électrique, quand elle ne circule pas en cheval ou en vélo !

Tout a été pensé pour ne pas perturber ce poumon vert qui réduit quand même considérablement la pollution, ainsi que la chaleur. Je suis sûre que vous aviez remarqué qu’en allant dans le parc, vous aviez beaucoup moins chaud 🙂 Il compte plus de 8 800 arbres dont certains vraiment remarquables. Je pense à ceux du côté nord-ouest du lac. Des platanes atteignant les 40 mètres de hauteur, des cèdres, des séquoias, des ginkgos biloba ou encore des cyprès…

Et oui, on se demande encore pourquoi les villes ne plantent pas plus d’arbres pour protéger les sols goudronnés qui accentuent la chaleur…

arbres du parc de la tête d'or

Mais… et l’art dans tout cela ?!

Oui, je vous parle souvent (Souvent ?! Tout le temps !) d’art dans mes pérégrinations. C’est la base de notre travail au sein d’Evolyon. Je vais donc en profiter pour vous montrer les petites merveilles qui se cachent au sein du parc de la Tête d’Or. Peut-être en découvrirez-vous certaines ?

Ce sont quelques dizaines de sculptures qui sont éparpillées au sein du parc. Vous avez bien entendu la grille monumentale dont nous avons parlé plus haut, et qui vous accueille les bras ouverts par la fameuse porte des Enfants du Rhône. Un autre monument a également été érigé en commémoration des soldats lyonnais morts lors de la guerre franco-allemande en 1870. Il se trouve à l’entrée ouest du parc et a été élaboré par Adolphe Coquet, mais a été sculpté par Étienne Pagny.

La Centauresse et le Faune

Vous avez également de plus petites sculptures comme « La Centauresse et le Faune ». Elle se trouve entre le jardin botanique et le parc aux daims. Elle a été réalisée en 1852 par Auguste Courtet mais n’a été installée dans le parc que cent ans plus tard, soit en 1952. Contrairement à ce que l’on voit habituellement où les centaures enlèvent les nymphes, celle-ci joue avec nos « clichés ». Elle modifie l’ordre des choses où les sexes sont inversés. Cette sculpture presque érotique dénote légèrement avec les autres présentes au sein du parc. À peine entré dans le parc, le visiteur peut contempler cette magnifique centauresse qui porte sur sa croupe un faune alangui.

la centauresse et le faune

Célébrer les morts

Après chaque guerre, il était évident pour une ville de payer pour avoir son, voire ses, monuments aux morts. En effet, il fallait se rappeler ces soldats parfois très jeunes, morts pour leur patrie. Leur famille, qui parfois ne pouvait récupérer le corps de ce soldat, souhaitait se recueillir et ne pouvait le faire. Il était de mise de « célébrer » ces jeunes personnes disparues. Les commandes de sculptures bâtirent leur plein, surtout après la Première Guerre Mondiale.

C’est ainsi que la ville de Lyon fût l’acquéreur du Monument aux Morts de l’île du Souvenir. Oeuvre conçue par Tony Garnier et sculpté Jean-Baptiste Larrivé entre autre, en 1922. Celui-ci mourut avant de voir la fin des travaux 7 ans plus tard et son frère terminera cette noble tâche. Les noms des 10 600 lyonnais morts pendant la Première et la Seconde Guerre Mondiale y sont inscrits afin de les honorer.

Ce monument se trouve sur l’île au centre du lac. Son accès du côté nord-ouest est fermé depuis 2017 pour rénovation, et le sera jusqu’en 2020. La suppression d’essences d’arbres et de plantes dites invasives permettra de préserver le cénotaphe au cœur de cette Grande île et d’en montrer la majestueuse création.

Le Floréal

Vous avez encore beaucoup d’autres statues à découvrir ! Comme La Naïade d’André Tajana, magnifique statue nous rappelant la Grèce antique, épurée, au centre d’un bassin et entourée de roses toutes plus sublimes les unes que les autres. Ou encore le Floréal (ci-dessous), oeuvre très simple d’un artiste inconnu, hélas vandalisée il y a quelques années. Fort heureusement, elle a été parfaitement restaurée et qui nous montre une jeune femme tenant un bouquet de fleurs.

le floréal

A vous de visiter à présent !

Mais après tout, l’art est-il seulement visible de façon artistique et par la main de l’Homme…? Ne sommes-nous pas entourés de multiples formes d’art comme cette belle plante qui s’enroule autour de cet arbre ? Ou ce magnifique papillon en train de butiner ?

C’est pour cela que je voulais vous emmener dans ce parc. Toute la beauté de la nature y est présente, tant de la faune et de la flore. Mais aussi de la main de l’Homme avec les sculptures, les aménagements à la française ou à l’anglaise. L’inspiration artistique se trouve tout autour de nous, et nous avons besoin de la nature pour nous y ressourcer et y trouver des idées.

Pensez à ouvrir les yeux et à relever la tête lorsque vous allez vous promener. Vous ne serez pas déçu de découvrir une curiosité artistique cachée au sein de notre belle ville de Lyon, ou même ailleurs !

Et sur ce, je vous laisse profiter des dernières vues sur le parc pour retourner à mon déjeuner sur l’herbe (mais sans Manet ! :p).

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