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Musée d’Allard de Montbrison : un voyage agréable dans le temps !

Le mauvais temps et l’hiver reviennent à grands pas cette année. Au lieu d’aller se renfermer chez nous et de rester sous le plaid avec un chocolat chaud, pourquoi ne pas profiter pour mettre à profit de bonnes activités ? Il y en a qui se font à l’intérieur, comme aller au musée par exemple ! Sans risque de se prendre une averse sur la tête, vous serez bien au chaud (autant en lisant cet article qu en y allant d’ailleurs !). Aujourd’hui, je vous emmène dans un musée tout particulier de la belle ville de Montbrison : le musée d’Allard. Une véritable source d’inspiration !

Montbrison : 16 000 habitants et 2 musées !

La ville de Montbrison est située dans la Loire et compte plus de 16 000 habitants. Toutes les villes ne possèdent pas forcément de musée mais celle-ci en possède deux. Dont le musée d’Allard. Bien entendu, je ne suis pas ici pour vous effectuer un comparatif de ce que j’ai pu voir dans les autres villes. Certainement pas. Chaque musée est plutôt régit différemment, selon qu’il reçoit des dons, des subventions de la ville ou encore d’un organisme privé ou public.

entrée du musée d 'Allard

Historique du musée d’Allard

Construit par Jean-Baptiste d’Allard entre 1810 et 1828, le musée était à l’époque un terrain vague. D’environ 3 hectares, il l’aménagea en hôtel particulier muni d’un magnifique jardin. Le riche montbrisonnais, né en 1769, commença à entasser les objets tel un cabinet de curiosité du XIXème siècle. A son décès en 1848, sa propriété fut léguée à son cousin Ludovic de Neufbourg et ses collections à la ville. Son cousin vendit l’hôtel d’Allard à celle-ci en 1853. Peu de temps après, celle-ci confia le réaménagement du jardin à Denis Bühler, le même paysagiste que celui du Parc de la Tête d’Or à Lyon.

Sa domestique pu disposer des lieux jusqu’à sa mort comme le testament de ce gentilhomme le souhaitait et ouvrit les collections au public. La ville de Montbrison pu continuer de valoriser les collections lorsqu’elle récupéra entièrement la possession de l’hôtel particulier vers 1880 au décès de cette domestique.

kiosque du musée d'Allard

Une collection impressionnante jamais vue

Lorsque l’on m’invita au musée d’Allard, je fus tout d’abord en proie à douter. Douter de ce que j’allais y trouver, puisque les collections sont diverses et variées. J’adore les musées et y découvrir toute sorte de choses : que ce soit archéologique ou artistique par exemple. Mais je ne m’attendais pas à y dénicher une collection de minéraux, de taxidermie, de tableaux néo-classiques et de poupées (oui, oui !), même si chaque étage est clairement dissocié d’un autre. J’ai trouvé cela assez pittoresque, mais Jean-Baptiste d’Allard était un collectionneur fou ! En lisant sa biographie, il fallait s’y attendre ! Et la ville a très bien su mettre en valeur son oeuvre.

tableau peinture cerisier en fleurs Antoine Barbier du musée d'Allard

Par ici la visite !

Évidemment, il est hors de question de vous spoiler quoi que ce soit qui pourrait vous empêcher de vous y rendre ! Le musée d’Allard est un atout indéniable de la région. C’est une belle curiosité que d’aller le voir, lui et son magnifique jardin. Ne passez pas à côté de ce joli point vert, et cela même s’il pleut puisqu’il vaut le détour !

Lorsque vous rentrez dans le musée, une hôtesse fort sympathique vous renseigne sur toutes les collections en cours. Elle vous indique également que vous avez gratuitement accès à une tablette numérique pour vous guider lors de la visite. Je trouve que la ville a fait un bel effort de modernité pour s’adapter, de nos jours, aux grands musées nationaux tels que le musée Marmottan.

buste de Jean Baptiste Allard

La collection temporaire sur Jean-Baptiste d’Allard

Les collections temporaires, comme leurs noms l’indiquent, ne sont visibles que pendant un certain laps de temps. Ainsi, pendant ma visite, j’ai eu accès à celle sur Théodore Lévigne, né l’année du legs des collections de Jean-Baptiste d’Allard à la ville. Ce presque contemporain de Jean-Baptiste d’Allard est entré dès 12 ans à l’école impériale des Beaux-Arts de Lyon. L’exposition permet d’admirer les multiples talents de Théodore Lévigne, peintre de natures mortes, scènes de genre, représentations historiques, paysages, etc. au travers de quelques tableaux.

bureau Jean Baptiste d'Allard

Les salles se succèdent étrangement et nous tombons sur des collections de minéraux, d’étranges objets divers tels qu’un habit d’académicien, des poupées, etc. On y retrouve même une poupée vaudou, un fœtus et des momies ! Jean-Baptiste d’Allard a rassemblé nombreux items de par ses voyages, mais tous plus insolites les uns que les autres. Il aurait juste pu se passer de cette collection à présent empaillée : je ne comprendrai jamais les « naturalistes ».

momie musée d'Allard

Ainsi, de nombreux tableaux expressionnistes ornent les murs, et des vestiges de son passé de franc-maçon permettent de découvrir plusieurs artefacts comme un tablier ou encore un diplôme de la loge maçonnique de Montbrison. Ils n’étaient donc pas aussi secrets que ce que l’on croit ! Le seul problème : la scénographie peut en surprendre plus d’un. Le choix des couleurs et la mise en valeur de la collection peut prêter à confusion. C’est le cas pour un choix de vitrines complètement « tordues » qui donnent une sensation de vertige, voir de tangage. Un côté est plus haut que l’autre, et on peut très vite avoir la sensation de mal de mer pour les plus sensibles.

diplôme de franc maçon de Jean Baptiste d'Allard

Le clou du spectacle : la collection permanente

Contrairement à l’oeuvre de Banksy qui s est vendu il y a plusieurs jours chez Sotheby’s pour quelques milliers d’euros, ici, pas d’œuvres « éphémères » ! Si cet artiste de rue estime que son art doit rester dans la rue, il lui est tout à fait louable de perpétuer la tradition et d’effacer les preuves ! C’est ce qu’il a fait en faisant s’autodétruire, par un procédé ingénieux, son oeuvre de la petite fille au ballon. Malgré tout, cela reste une oeuvre et l’on voit mal le nouveau propriétaire venir demander le remboursement de cette moitié de tableau auto-déchiqueté. C’est un tableau à part entière à présent. Mais oublions nos contemporains l’espace d’un instant et revenons au cœur du sujet.

Pour les plus âgés d’entre vous chers lecteurs, vous vous souviendrez avec joie des jeux avec lesquels vous jouiez étant petits. Vous avez sûrement connu les jouets et poupées GéGé. Et oui, le musée d’Allard est le temple de la poupée ancienne !

poupée de la collection Gégé du musée d'Allard

« Tu veux jouer avec moi ? » Poupées Gégé

Ceux qui ont, comme moi, été plutôt choqué enfant par Chucky, cette méchante poupée du cinéma américain, auront du mal à entrer dans cette salle. Mais rappelez-vous ! Ce n’est qu’un film. Ainsi, pour les plus anciens d’entre vous, votre jeunesse refera surface. Garçon comme fille !

En 1950, la ville souhaita valoriser les jeux et jouets anciens et étrangers. Puis, en 2005, le musée fit l’acquisition du fonds GéGé, fabricant Montbrisonnais. Plus connu bien évidement de son véritable nom : Germain Giroud, dont le fils Gilles Giroud repris la suite. Je soupçonne le père d’avoir fait exprès de le prénommer ainsi pour reprendre la suite de la tradition familiale ! L’histoire de la ville reste ainsi dans la région qui a vu naître cette formidable dynastie de poupées ! Ces poupées s’exportaient dans le monde entier et étaient connues pour leur qualité de fabrication. Les contrefaçons étaient très vite repérées. Hélas, l’arrivée de Barbie et de grosses usines ont fait péricliter ce fabricant français en quelques années. Cette salle du musée d’Allard est une belle découverte d’anciens jouets comme les premières poupées ou les premiers trains.

 

Les jouets ressemblaient fortement à leurs homologues bien réels. Ainsi, les petits outils étaient réellement construits avec du vrai bois. Cela change du plastique de notre décennie ! Il en va de même pour les accessoires du petit chimiste. Je me rappelle en avoir eu un à l’époque (non, je ne suis pas si vieille !). Évidemment, ce n’était pas de la collection GéGé, mais on pouvait s’y amuser pendant des heures ! Je n’ai pas connu le jeu de « Sciences futures : écologie, jeu scientifique » mais l’image de centrales nucléaires sur la boîte de jeu m’a beaucoup fait rire. Je pense qu’à l’époque, ces installations monumentales étaient considérées comme tout à fait écologiques, sans se préoccuper de ce que cela pouvait rejeter comme matière dans l’air. Ou encore d’une petite fissure d’un atome 235 riquiqui !

petit chimiste du musée d'Allard

Les vestiges du passé laissent des traces

La visite du musée d’Allard se termine plus sereinement qu’elle n’a commencée : en souvenirs au lieu de cadavres emmaillotés ! C’est bien plus doux. Le lieu en vaut vraiment la chandelle puisque vous pouvez y emmener plusieurs générations. Vous aurez celle qui n’a rien connu de tout cela et qui va s’en émerveiller. Puis vous avez celle qui va vous raconter l’histoire de son enfance et qui vous permettra de mieux les connaître. Enfin, vous avez ma génération : l’entre-deux. Celle qui a un peu connu cela et qui s’est faite envahir par des jouets trop futuristes pour que cela en soit réellement amusant.

Pour retrouver toutes les infos, horaires de visites, etc. rendez-vous sur le site de la ville de Montbrison.

Qui a dit que les musées ne pouvaient pas permettre de rapprocher les gens ? Together is beautiful et pas besoin d’un coca-cola pour cela !

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