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L’art pour dénoncer

L’art est engageant. Chaque artiste a un message à faire passer. Peu importe qu’il soit joyeux, triste, ou encore humoristique, chaque oeuvre vous impose une émotion. Et chacun d’entre vous pourra la percevoir différemment. Certaines œuvres vont même encore plus loin. Ce sont parfois des témoignages très durs, relatés soit au fil de pages, d’images ou encore de sculptures. L’artiste révèle ainsi aux yeux de tous un fait, un événement qui provoque en nous une émotion très forte. Alors que dire de l’art pour dénoncer ?

L’art est un mode d’expression à travers les âges

Depuis tout temps, l’art est un mode d’expression. Peu importe la façon de le faire, tant que l’artiste s’exprimait. On se rappelle tous des petits dessins sur les murs des grottes où les premiers Hommes nous racontaient leurs journées par exemple. S’imaginaient-ils que leurs essais allaient se transformer en temple historique, que dis-je… préhistorique de leurs faits et gestes ?!

Était-ce pour décorer leurs « maisons », avertir leurs congénères de leur force à tuer un mammouth ou simplement une activité pour passer le temps ? Quoi qu’il en soit, c’est un témoignage du passé qui nous permet de concrétiser un peu plus leur quotidien à nos yeux. Pour la plupart, des scènes de chasse. Les vegans de notre époque crieraient sûrement au scandale de se vanter de chasser un aussi beau mammouth… De nos jours, rares sont ceux qui accrochent encore leurs trophées. Tout simplement parce que cela ne se fait plus, pour de multiples raisons. La première étant que si nous continuons dans cette voie-là, il ne restera plus grand chose de la faune actuelle. Et surtout… parce que c’est vraiment kitsch !

l’art comme outil de dénonciation

Ainsi, moultes artistes ont su rebondir et ont commencé à dénoncer ces viles pratiques. La cause animale en a alerté plus d’un par exemple, dont Cabrel et sa fameuse Corrida. Ces artistes qui utilisent l’art pour dénoncer se font entendre. C’est bien le terme approprié !

le street-art à la vue de tous

Un autre artiste du registre street-art a sur également s’imposer et possède à présent une renommée hors-pair : Banksy. S’il est autant aimé que détesté, il n’en est pas moins écouté, et ses graffitis sont très populaires. Il a même organisé en 2015, une exposition intitulée « Dismaland » dans un faux parc, mettant en scène notre rapport, nous autres humains, avec les animaux. On peut y voir entre autre, un boucher sur une caisse de lasagne, dans un manège pour enfant avec des chevaux de ce manège pendus par les pattes. Ou encore des canards de pêche à la ligne aspergés de pétrole. Ces œuvres sont aussi dérangeantes que sublimes. Elles mettent le point là où cela gêne le spectateur.

une voix pour ceux qui n’en ont pas

Ainsi, d’autres artistes alertent sur les pratiques et les atrocités commises pour la production d’huile de palme. Tout le monde a bien entendu parler un jour de cette fameuse pâte à tartiner qui tue des orangs-outans. Une déforestation massive est la conséquence du génocide de masse de ces singes qui ne peuvent se battre face à des machines humaines surpuissantes. C’est pourquoi beaucoup d’artistes et d’associations se penchent sur la question pour alerter sur ces pratiques inhumaines et leurs conséquences à court et long termes. Ernest Zacharevic et d’autres artistes réalisent ainsi des œuvres sur l’île de Sumatra pour la sauvegarde de ces mammifères et de leur habitat.

Même les grandes marques y mettent du leur. Pour exemple, la marque Lush a fait en 2017, des petits savons en forme d’orang-outang afin d’avertir les consommateurs sur ces pratiques. La somme obtenue a été reversé pour le rachat des plantations afin de préserver ces grands singes de la déforestation. L’art pour dénoncer a encore frappé !

L’art engagé dérange

Bien avant ces artistes street-art qui permettent de voir de l’art engagé, nous avions bon nombre d’œuvres dénonçant d’atroces barbaries. Nous nous rappelons tous avoir été dans un musée, petit ou grand, et avoir vu des tableaux du Moyen-Age ou de la Renaissance nous invitant à visionner une scène de souffrance. Que ce soit un paysan fouetté car il n’aurait pas payé la dîme, ou encore Les horreurs de la guerre vues par Rubens en 1634, qui retrace la guerre de 30 ans. Picasso ne fait pas pâle amateur à côté, avec son oeuvre géante Guernica.

Guernica de Pablo Picasso
Pablo Picasso – Guernica

Cette oeuvre est l’une des plus connues de l’artiste espagnol. Elle relate le bombardement de la ville de Guernica par les Nazis en 1937. Ainsi, cette ville et son histoire n’aurait probablement pas eu autant d' »attention » si Pablo n’avait pas dénoncé cette horreur avec son oeuvre…

Evidemment, il ne montre pas distinctement telle qu’une photographie pourrait le faire. Mais cela suffit pour comprendre et s’imaginer ce que cela a pu être. En effet, certains photographes, reporters de guerre nous rapportent des clichés hautement indescriptibles. Comme Steve McCurry, beaucoup ont su montrer ce qu’il passait dans d’autres pays au travers de leurs clichés volés afin de dénoncer la terreur qu’il y régnait.

L’art pour dénoncer les horreurs de la guerre

En littérature également, l’art s’engage et dénonce. Chacun de nous connaît au moins un livre écrit après la guerre 39-45. En effet, pour ma part, j’ai vraiment été séduite par l’écriture simple mais tranchée de Primo Levi. Ce scientifique de base, survivant des camps, a voulu relater de manière très scientifique son vécu. Sans âme, sans excès, il voulait témoigner. Il a donc écrit au fil des années qui suivirent, plusieurs livres lui permettant ce devoir de mémoire, comme Si c’est un homme, ou encore La Trève. Sans ces témoignages de survivants, il nous aurait été sans doute difficile d’appréhender tout ce qu’il s’était passé tellement il s’agissait d’horreurs sans nom. Ce n’est bien entendu qu’un parmi tant d’autres, mais qui m’a profondément marqué par sa façon d’écrire et son récit si peu émotif. Nous ne pouvons cependant pas rester neutre sur ce qu’il nous raconte…

« Make art, not war » Shepard Fairey

Dans le 7ème art, à défaut de lire et de s’imaginer ces lieux, ces scènes de « vie », on nous montre directement la réalité. Telle ne fût pas mon horreur lorsque notre adorable prof d’histoire nous a montré des extraits de Shoah à l’école, alors que nous n’étions qu’en 6ème. Je me souviens longtemps avoir eu la nausée sur les revendications nazies.

Mêmes les scènes de tortures du Moyen-Age ne m’avaient fait autant d’effet. Je me rappelle avoir été en colère, puis triste pour tous ces gens qui n’avaient rien demandé, et qui ne se battaient même plus… qui attendaient la mort, et qui ne le savaient pas. Quelques semaines plus tard, notre prof de français réitérait et enfonçait le clou avec La vie est belle de Roberto Benigni.

C’est pourtant ce que veulent les réalisateurs, artistes ou autres écrivains. Dénoncer pour mieux alerter. Cela choque probablement les gens, mais la vérité est mise à nue, et on ne peut plus faire semblant de ne pas le voir.

L’art pour dénoncer le harcèlement sexuel

Fin 2018, l’artiste Zainab Fasiki a mis au point le projet de dénoncer le harcèlement sexuel au travers d’un site internet et d’une exposition. Ses thèmes de prédilection étalent devant tous ce que peut être le quotidien d’une femme, en prenant tout simplement le bus par exemple. Hshouma (qui veut dire « arrête, tais-toi ») permet de montrer ces tabous et d’ouvrir les yeux face à cette réalité.

4OCEAN : de l’art créatif au service de l’océan

Quelque chose qui me touche au plus profond de moi, c’est l’engagement auprès des animaux. Ces derniers n’ont pas de voix propre pour se faire entendre, et sans certains humains, ils seraient déjà en voie de disparition. Ah non… c’est déjà le cas ! Quand on sait que 60% des oiseaux vivant il y a encore 20 ou 30 ans ont disparu et que cela ne fait que continuer… nous pouvons avoir peur.

Sans la faune et la flore, nous ne pourrions survivre. Chaque être vivant a sa place et est indispensable pour la survie d’un autre. Ainsi, l’abeille butine et permet aux fleurs de se reproduire, de nous nous nourrir avec de bons fruits. Il en va de même avec la nature et l’océan. L’eau, c’est la vie ! Nous venons tous de là. C’est pourquoi nous devrions le préserver. Et donc utiliser l’art pour dénoncer !

Chacun de nous a entendu parler des tonnes de plastiques avalés par les baleines ou qui sont retrouvés au fin fond de la fosse des Mariannes. C’est dire l’horreur de la chose ! Alors beaucoup d’associations œuvrent pour le bien-être de la Terre, et accessoirement le nôtre !, afin de préserver notre éco-système. L’une d’entre elle, 4OCEAN créé des bracelets grâce au plastique qu’elle recycle. A l’aide de bénévoles, qui sillonnent les plages et les mers pour les nettoyer, cet art créatif dénonce la pollution faite par l’Homme. Ainsi, les bracelets sont vendus pour permettre le financement d’actions en tout genre. Un petit don pour l’association, un gros don pour la planète. S’engager pour le respect et l’avenir de notre planète permet d’en retirer une grande satisfaction. Si nos gouvernements ne font rien, chacun de nous peut agir à son niveau.

L’environnement au CŒUR de l’art

Notre planète, si l’on en croit les scientifiques, va de mal en pis ! Et certains sont même prêts à vous le faire entendre !

Le plongeur apnéiste Guillaume Néry a posté le 3 avril 2019, un son pour le moins étrange sur les réseaux sociaux. Ce « cri » de détresse provient d’un mix de son, que personne n’a réellement jamais entendu. Cet appel à l’aide provient de nombreux sons réunis pour l’occasion. Des baleines pilotes pourchassées, des dauphins pris dans les mailles de pêcheurs, une baleine harponnée, ou encore les milliers de poissons au sein d’un banc, pris dans un filet de chalutier…

Accompagné par Sea Shepherd, Guillaume Néry voulait faire entendre à tous le cri de désespoir de l’océan. Celui que personne n’entend car les poissons ne parlent pas… mais souffrent tout autant. Si ce son est totalement étrange, il n’en reste pas moins artistique. Il émeut, tout autant que son message. L’art pour dénoncer prend de l’ampleur médiatique.

Engagez-vous qu’il disait !

Je pourrai vous parler de tant d’œuvres engagées, pendant des heures, tellement il y en a ! Évidemment, on ne peut les citer toutes, mais chacune permet à chacun d’ouvrir un peu plus les yeux chaque jour. Sous couvert d’en avoir bien entendu envie. Car il y a ce que l’on voit… mais également ce que l’on en retire.

Et vous, souhaitez-vous nous partager des œuvres engagées ou des artistes ayant recours à l’art pour dénoncer ?

2 réflexions sur “L’art pour dénoncer”

  1. Petit partage, plasticienne, l’engagement est au cœur de mon travail et je vous remercie pour votre article complet. Exemple de mon côté, je débute une nouvelle série sur le sujet de la pollution par les pesticides . Une série de dessins au crayon de couleur évoquant, par une suite d’abeilles mortes, la pollution par les substances chimiques et les pesticides utilisés dans l’agriculture. A découvrir :
    https://1011-art.blogspot.com/p/vous-etes-ici.html
    Cette série sera présentée dans le cadre des Rencontres Philosophiques d’Uriage en octobre 2019 répondant à la question « L’art peut il changer le monde ? »
    Mais aussi beaucoup d’autres séries à découvrir … Notamment sur les droits des femmes. Un programme …

    1. Bonjour 1011,
      Je suis vraiment ravie de ce partage ! Vos œuvres sont réellement percutantes et votre coup de crayon…
      J’aime beaucoup la série « This is not consent », comme « Vous êtes ici ». On ne peut s’en soustraire, et les pesticides font tellement de dégâts que nous doutons que cela soit réparable un jour…
      C’est une belle rencontre et je vous en remercie.

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