Je vous emmène dans le 6ème arrondissement de Lyon, plus exactement au 61 rue de Créqui, pour revenir sur la première édition du Zoo Art Show en 2018. Installée dans un ancien bâtiment de la Croix-Rouge, cette exposition éphémère a transformé près de 600 m² répartis sur plusieurs niveaux en terrain d’expression pour une quarantaine d’artistes urbains.
Note d’actualisation — août 2026 : cet article est conservé comme retour sur la première édition du Zoo Art Show. L’exposition s’est tenue une première fois du 2 juin au 29 juillet 2018 au 61 rue de Créqui à Lyon, avant une prolongation du 8 au 30 septembre 2018.
Publié à l’origine à la fin de la première période d’ouverture, ce récit conserve volontairement le ton de la visite vécue sur place. Il témoigne de cette première édition et de la découverte des œuvres, des espaces et des artistes qui y participaient.
Pour prolonger cette immersion dans le street art lyonnais, notre article consacré au Festival Peinture Fraîche 2019 revient sur un autre événement du même univers artistique.
Sommaire de l’article
L’histoire des lieux du Zoo Art Show 2018
Ancien centre de formation de la Croix-Rouge pendant presque 10 ans, cet établissement a fermé en mai 2017 pour être réhabilité. La société FOLKS, agence de production artistique lyonnaise, en a donc profité pour pouvoir se servir des locaux à des fins purement promotionnelles (anciennement Les Cinq : agence de communication). 80 personnes ont ainsi pu travailler pendant toutes ces semaines à la réalisation de cette exposition.
Le projet était porté par l’équipe de Folks, notamment Antoine Roblot et Philippe Reichsrath, avec l’ambition de mettre en lumière le street art auprès d’un public plus large. Cette première édition a accueilli près de 2 500 personnes dès son premier week-end d’ouverture. En semaine, le lieu accueillait également des événements privés, tandis que l’exposition ouvrait gratuitement ses portes au public le week-end.
Ainsi, par exemple, la SACVL (Société Anonyme de Construction de la Ville de Lyon) a pu privatiser le lieu du 25 au 29 juillet pour organiser sa « Ruée vers l’Appart » où près de 1 500 personnes se sont réunies pour pouvoir décrocher l’appart (en achat ou en location) de ses rêves. Formidable initiative !
Zoo Art Show 2018 : l’antre de la bête
Lorsque l’on arrive devant les lieux, on se demande si c’est bien là. Il y a quelques barrières, une grande porte ouverte, et pourtant, des personnes qui s’agglutinent à l’entrée. On se regarde, on se demande si c’est bien là… Et puis on franchit le pas !
On s’extasie « bêtement » à l’entrée du Zoo Art Show 2018. D’où l’agglutinement…
Cette première pièce ne contient pas grand chose pourtant. Ici, pas de véritables animaux dans une cage, je vous rassure. On arrive devant un comptoir énorme, une partie sur la droite avec deux œuvres taille humaine et dans l’autre partie, quelques œuvres végétales de l’autre côté du « bar » où sont postées quelques personnes. Le hip-hop américain commence à résonner en ces lieux, tant au style de ceux-ci, tant au niveau sonore : une bande son permet de s’immerger complètement en son sein.
Je décide donc, après m’être extasiée devant les premières œuvres, dont une gigantesque tête de T-Rex, d’avancer sur l’espace du rez-de-chaussée et de voir ce qui m’amène ici, avant de grimper l’escalier de pierre en colimaçon. Quel cachet !

Des œuvres d’art servies sur un plateau
La première partie de l’exposition du Zoo Art Show 2018 est délimitée sur ce premier plateau qui officie comme un grand parking. Des places ont été graffées et le marquage au sol est amusant. Chaque œuvre est ainsi délimitée. On est au cœur d’un véritable portfolio artistique grandeur nature ! Le son hip-hop n’est pas assourdissant en soi, mais permet de combler le silence de ce lieu qui aurait pu sembler pesant. Autant il peut accueillir foule, autant s’entendre marcher comme dans un musée ou à la Cathédrale Saint Jean et ne pas faire de bruits n’aurait pas coller à l’univers street art proposé.
Les murs s’offrent comme des toiles géantes sur lesquels les pinceaux et jets de bombes se sont exprimés par leurs créateurs.
Découverte du 1er étage
Le second plateau, au 1er étage, a sa propre scénographie. C’est un terrain de basket géant ! Cette pièce est surtout réservée au street art, le pur, le dur, tel que l’on peut se le représenter.

Le « salon bourgeois »
Une pièce au style de salon bourgeois, attenante à ce plateau, permet de découvrir la skatogravure (oui, oui, vous avez bien lu, mais ce n’est pas ce que vous croyez !) d’Osru. Il officie là, devant nous, et fait sécher ses œuvres sur un grand fil à linge. Il grave des planches de skateboards en bois, ajoute la couleur et les presse sur de grandes feuilles de papier blanc. Ou l’art de la presse à gravure revisité.

Le deuxième et dernier étage propose un salon type jardin tropical d’environ 150 plantes réparties sur 350m². Le Zoo Art Show 2018 nous transporte en Amazonie. Hélas, lors de ma visite ce dimanche-là, impossible d’y accéder. Cet étage n’est accessible qu’avec une personne de l’organisation. Il s’agit de respecter les conditions d’exploitation de la mairie.
Parmi les artistes présents au Zoo Art Show 2018
Stom500
Les connaisseurs du street art lyonnais peuvent y apercevoir du Stom500 dont les animaux aux regards loufoques n’ont plus de secrets pour lui. Je vous invite à aller voir son Instagram. Ces petites souris me rappellent drôlement Twitch de League Of Legends. Peut-être un fin connaisseur ? 😀

Agrume
L’œuvre de droite est une vision d’Agrume. Pas un fruit, non. L’artiste. Après un petit tour sur la page Instagram d’Agrume, on peut y voir nombre de « portraits » où le jeune homme est continuellement masqué par quelque chose…
Son art a évolué au fil des ans sur les murs de sa ville d’adoption, et nous permet à présent de voir la finesse de ses traits. Cette fresque très réaliste où le jeune homme a l’air de véritablement se faire agresser par des oiseaux me rappelle un certain film… Pas vous ?! Le Zoo Art Show 2018 promettait de belles surprises, nous y voici.
Et tant d’autres… 40 artistes en fait !

D’autres artistes tels que le plasticien Brusk que l’on peut voir ci-dessus ou Laurent Claveau, dont la finesse et le pastel de son art m’ont permis d’avoir une autre vision du street art. Moi qui pensais que le street art n’était composé que de couleurs flashy, c’est raté ! Le site web de Laurent Claveau vous permettra d’aller voir ses œuvres personnifiées.

Les Birdy kids sont également de la partie. Ce collectif d’artistes de street art, a été d’abord composé par deux frères, Guillaume et Gautier. Ils travaillent principalement à Lyon depuis plusieurs années, et leurs travaux ne sont plus à démontrés. En effet, on les voit partout ! À Paris, à Barcelone…
Même mon employeur a sa porte de bureau colorée de pioupious détonants ! C’est pour vous dire…

Un petit dernier pour la route : AéRo
Une étrange fresque murale dont on croirait qu’elle sort tout droit de la planète des singes. Je suis restée plusieurs minutes devant ce mur à contempler les couleurs, la qualité et la nature de l’œuvre. Le potentiel du Zoo Art Show nous permet de connaître des artistes de rue (entre autres) que l’on n’aurait pas forcément côtoyés. L’art inspire et rapproche les gens, de tous milieux. Voyez plutôt vous-même :

Conclusion sur le Zoo Art Show 2018
Cette exposition, brève par sa durée mais particulièrement dense en œuvres, m’a permis de découvrir des artistes aux univers très différents. À l’époque, je retenais surtout la manière dont ce type d’événement contribuait à faire entrer davantage le street art dans les lieux d’exposition et dans les habitudes du grand public.
Le Zoo Art Show 2018 montrait aussi à quel point le street art dépassait déjà l’image réductrice du simple graffiti urbain. Fresques monumentales, installations, gravure, peinture et scénographies se répondaient dans un même bâtiment et donnaient à cette première édition une identité très particulière.
La dimension solidaire faisait également partie du projet : les fonds issus des œuvres mises en vente étaient destinés à la fondation France Répit.
Depuis cette première édition lyonnaise, Zoo Art Show a poursuivi son développement avec de nouvelles éditions et un projet artistique devenu bien plus vaste. Le site officiel permet d’en suivre l’évolution actuelle.
L’aventure s’est notamment poursuivie dès 2019 avec le Zoo Art Show 2, auquel nous avons également consacré un article.