Du 3 au 12 mai 2019, la Halle Debourg à Lyon accueillait la première édition du Festival Peinture Fraîche. Près de 70 artistes internationaux, nationaux et locaux y présentaient toute la diversité du street art, entre fresques, sculptures, ateliers et expérimentations numériques. Retour sur cette découverte qui a marqué le lancement du festival.
Note d’actualisation — août 2026 : cet article conserve le récit d’une visite de la première édition du Festival Peinture Fraîche, organisée à Lyon en mai 2019. Les informations sur le festival, certains artistes et son évolution depuis cette édition ont été vérifiées et actualisées.
Sommaire de l’article
Peinture Fraîche 2019 : première édition à la Halle Debourg
Une surprise surprenante !
Lorsque mon ami m’a annoncé qu’il allait m’emmener quelque part pour une surprise, je m’attendais à tout sauf à cela. Arpentant le métro, j’imaginais une expo, une balade en bord de Rhône, ou juste un nouveau restaurant à tester. Erreur !
La Halle Debourg au cœur du festival
Arrivée devant la Halle Debourg, ancien entrepôt de fret-triage du 7e arrondissement alors reconverti en espace culturel, j’aperçois un engin dans lequel s’est perché quelqu’un. L’artiste est en train de fixer au mur une énorme sauterelle composée de matériaux récupérés et de déchets : de l’art urbain en direct ! Là, je me dis : cool, une performance en live, c’est trop sympa comme idée !

Nous avançons encore un peu et je me rends compte de ma seconde erreur : je vois que dans le hangar dans lequel l’artiste perce un trou, se trouve une expo. Et là… surprise ! Du street art en veux-tu en voilà ! Nous attendons un peu afin d’entrer. Il n’y a pas encore trop de monde. Mais la Halle se remplit à vue d’œil et l’on se croirait dans une ruche. Il y a des animations ici et là, des graff’ sur tous les murs de ce festival Peinture Fraîche, tous plus beaux les uns que les autres.

Une conférence bat son plein et nous allons directement voir l’exposition accrochée dans le fond de la Halle Debourg. C’est alors que nous y retrouvons des artistes comme Agrume, Monsta, Nikodem, Pec ou encore Alex Face… Vous voulez acheter une oeuvre ? Allez-y ! Les prix sont indiqués, et il y a vraiment le choix ! Les différentes allées sont presque installées par thème. Du street art pur et dur, du street art réaliste, du street art sur toile, du street art plastique…

On retrouve dans ce festival Peinture Fraîche, beaucoup de graffeurs aperçus précédemment lors d’événements comme le Zoo Art Show 2018. À force, on reconnaît la griffe d’untel, ou d’untel et on envierait presque ces murs géants graffés à la bombe. On aimerait les avoir chez soi !

Réalité virtuelle et expériences participatives
Plusieurs animations étaient également proposées au public. Kingspray Graffiti, un simulateur en réalité virtuelle, permettait de s’essayer au graffiti dans un environnement numérique. On pouvait aussi envoyer des mots ou des dessins depuis un site web : les créations des visiteurs apparaissaient ensuite sur un grand mur avec celles des autres participants.
Le visiteur se surprend à tester, à entrer dans la peau d’un artiste. Et on aime ça !

Un sous-sol haut en couleur
Un sous-sol est également ouvert… mais il faut patienter et faire la queue pour y accéder. La direction de l’exposition a prévu de limiter le nombre de visiteurs simultanés pour un confort maximal de découverte des œuvres. Et franchement, l’attente en vaut la chandelle. Peu de monde, et on peut même se tenir seul devant une oeuvre sans être gêné par d’autres personnes, ce qui est rarement le cas dans des musées par exemple.






Ce gigantesque sous-sol sous la Halle Debourg offrait aux artistes une surface impressionnante. Nous allions de découverte en découverte à mesure que nous avancions. C’était magnifique et, surtout, très différent des espaces d’exposition plus classiques.
Les artistes qui m’ont marquée
Lors de cette première édition, plusieurs artistes animaient aussi des ateliers ou des temps d’échange autour de leur pratique. J’ai été frappée par leur accessibilité. On était bien loin du cliché de l’artiste inaccessible : ici, je rencontrais des passionnés qui parlaient simplement de leur travail, de leurs techniques et de leur manière d’occuper l’espace urbain.
Inthewoup
Ainsi, j’ai assisté à l’animation « Pixel Art » de l’artiste lyonnais @inthewoup. Pendant plus d’une heure, il nous a montré ses techniques pour créer et nous a permis d’entrer très facilement dans son monde. Cet artiste de ma génération laisse son empreinte dans les villes au travers de ses mosaïques. Vous avez forcément dû voir l’une de ses œuvres sans vous en rendre compte. Comme il le dit lui-même, il insuffle son âme dans les rues et agrémente celles-ci. Il va placer ses mosaïques ici et là, sans pour autant détériorer un quelconque bâtiment !
À cette période, Inthewoup travaillait notamment sur des mosaïques de Mario en crossover, mêlant le célèbre personnage de Nintendo à d’autres figures de la culture populaire comme Sonic, Pikachu ou Vegeta. Il insistait aussi sur le respect des œuvres déjà présentes et des bâtiments qui accueillent ses mosaïques. Cette façon de jouer avec les références de mon enfance m’avait particulièrement plu.

Alex Face
Cet artiste thaïlandais peint notamment des personnages d’enfants en costume d’animaux, souvent associés à son personnage Mardi. La naissance de sa fille l’a amené à réfléchir au monde laissé aux générations futures ; ces inquiétudes se retrouvent dans les expressions mélancoliques de ses figures.
On peut d’ailleurs apercevoir l’oeuvre géante d’Alex Face un peu plus haut dans cet article, et sur les petits tableaux à vendre lors de ce festival Peinture Fraîche ci-dessous. Ces œuvres fluides sont telles une véritable peinture : il souhaite que cela soit réaliste, et cela se ressent !

Fin Dac
L’artiste irlandais Fin DAC intervient dans de nombreux pays et s’est fait connaître par ses grands portraits féminins, immédiatement reconnaissables. Je vous avouerai que sa réalisation fut celle qui m’a le plus marquée lors de ce Festival Peinture Fraîche. À peine arrivée sur les lieux, je tourne la tête à gauche et je découvre cette femme aux dimensions gigantesques qui nous surplombe. Elle est magnifique et j’ai eu du mal à m’en détacher pour aller voir le reste de la Halle Debourg.

OakOak
OakOak nous invite à l’humour dans ses œuvres. Il les parsème dans sa ville natale, Saint-Étienne, et amuse les passants. On ne pourrait pas mieux faire ! Effectivement, celui-ci joue avec le mobilier urbain et agrémente, détourne l’environnement. Il s’amuse également de tableaux plutôt réalistes pour apposer sa petite touche personnelle, tel un canard sorti tout droit du jeu vidéo « Duck Hunt« .
J’aime beaucoup son art qui reprend tous les codes de mon enfance. Comment ne pas sourire face à tout cela ?! Les sources d’inspiration sont finalement partout autour de nous, il « suffit » d’être attentif !

Bordalo II
Cet artiste portugais a été invité à Peinture Fraîche pour apporter sa vision singulière du monde contemporain. Bordalo II transforme des objets et matériaux destinés au rebut en sculptures animales monumentales. Le contraste entre l’animal représenté et les déchets qui le composent renvoie directement à la surproduction, à la consommation et à leurs conséquences sur les écosystèmes.
Avec ses Big Trash Animals, les déchets deviennent ainsi la matière même de l’animal. J’aime beaucoup cette manière de faire dialoguer le matériau et le message : ce qui aurait dû être jeté devient une œuvre qui nous oblige à regarder autrement ce que nous produisons et abandonnons.

Et bien d’autres artistes…
Bien entendu, impossible de revenir ici sur chacun des quelque 70 artistes qui composaient cette première édition. Inti, Da Cruz, Jace, Kero, Don Mateo et bien d’autres auraient mérité leur propre détour tant la diversité des styles était impressionnante.
Ce que je retiens de Peinture Fraîche 2019
Cette première édition de Peinture Fraîche fut une incroyable découverte. J’y ai découvert de nouveaux artistes, observé des techniques très différentes et surtout échangé avec des créateurs accessibles qui faisaient vivre leur pratique devant le public. L’événement, produit par l’association TROI3 sous la direction artistique de Cart’1, rendait le street art beaucoup plus concret à mes yeux.
Depuis cette première édition lyonnaise, Peinture Fraîche a poursuivi son développement et décliné son format dans d’autres lieux. Ce souvenir de 2019 reste donc celui du point de départ d’une aventure devenue un rendez-vous durable autour des cultures urbaines.
Repères sur la première édition de 2019
- Lieu : Halle Debourg, 45 avenue Debourg, Lyon 7e.
- Dates : du 3 au 12 mai 2019.
- Édition : première édition du Festival Peinture Fraîche.
- Artistes : environ 70 artistes issus de 12 pays.
- Bilan : 37 600 visiteurs accueillis pendant l’événement.