Lorsque je suis arrivée sur Lyon, en septembre 2017, j’avais déjà entendu parler de la fête des Lumières, mais sans réellement m’y attarder. On m’avait alors présenté le dernier soir comme un moment davantage fréquenté par les Lyonnais et parfois plus agréable pour circuler. Pour une novice telle que moi, l’événement restait incontournable. Et je vous avouerai que cette année encore, pour la Fête des Lumières 2018, cela n’a pas dérogé à la règle, malgré une actualité de fin d’année tendue.
Note d’actualisation — août 2026 : cet article conserve le récit d’une visite de la Fête des Lumières 2018. Les informations historiques sur l’origine de la tradition ainsi que certains éléments concernant les œuvres et artistes de cette édition ont été vérifiés et actualisés.
Sommaire de l’article
Aux origines de la Fête des Lumières
Une fête historique
L’histoire de la Fête des Lumières réunit plusieurs étapes qu’il faut distinguer. En 1643, les échevins de Lyon font le vœu de rendre hommage à la Vierge si la ville est épargnée par la peste. Cette tradition est liée au 8 septembre et se perpétue au fil des siècles.
La tradition des lumignons du 8 décembre naît plus tard, en 1852. L’inauguration d’une statue de la Vierge réalisée par Joseph-Hugues Fabisch, initialement prévue le 8 septembre à Fourvière, est reportée au 8 décembre. Ce soir-là, malgré une météo incertaine, les Lyonnais illuminent spontanément leurs fenêtres. Le site officiel de la Fête des Lumières retrace cette histoire et la naissance de cette tradition populaire.
La dimension artistique contemporaine se construit ensuite progressivement. Lyon lance son premier Plan Lumière en 1989, afin de valoriser durablement son patrimoine par l’éclairage. La Fête des Lumières prend sa forme de grand festival sur plusieurs soirées à partir de 1999.

La tradition des lumignons à Lyon
Si vous êtes lyonnais, vous connaissez cette tradition depuis fort longtemps. Depuis que vous êtes né en fait. Or, si vous venez d’une autre région de France, vous ne saviez sans doute pas qu’un lyonnais met un lumignon à sa fenêtre le 8 décembre. C’est comme cela qu’un couple de ma connaissance a pu rencontrer un lyonnais au fin fond de la ville de Lille. Ce couple avait mis un lumignon par tradition à sa fenêtre et c’est alors qu’un de leur voisin de palier a reconnu la petite lueur. La même qu’il avait installée quelques heures plus tôt à sa fenêtre. Une nouvelle amitié était née…
Quelqu’un m’a également raconté que l’on mettait ces petits lumignons aux fenêtres pendant la peste. Autrefois, les habitants plaçaient ces petites lumières aux fenêtres pour indiquer le nombre de personnes encore en vie dans leur maison. Cependant, je n’ai pas trouvé d’archives officielles pour étayer ces dires.
La Fête des Lumières 2018
Un programme à travers toute la ville
Pour cette édition 2018, monuments, places et espaces publics se transforment au fil des installations lumineuses. Une grande partie des dispositifs repose déjà sur des technologies LED, mieux adaptées à ce type de scénographie que les éclairages traditionnels.
Le programme officiel de la Fête des Lumières 2018 entraîne les visiteurs à travers toute la ville, jusqu’au parc de la Tête d’Or !
Une arrivée haute en couleur
Nous arrivons donc place Bellecour, dans la foule amoncelée. Nous habitons à environ 20 minutes de celle-ci en métro, c’est donc très simple d’y accéder, en temps habituel.
Là, tout de suite, c’est plus compliqué. Le métro est vraiment plein, car tout le monde se rend au même endroit : le centre de Lyon. Lieu qui rassemble la majeure partie du programme de la fête des Lumières 2018. Cette fête attire des gens du monde entier et tous se pressent pour y participer. Les décors sont somptueux et les thèmes sont changés chaque année.
L’année précédente, la place Bellecour s’était transformée en magnifique jardin fleuri. En 2018, les personnages Anooki prennent possession de la place avec Une petite place pour de grands rêves, une création de Moetu Batlle et David Passegand. L’installation remporte le Trophée des Lumières Ville de Lyon–France 3 2018. Le dimanche, certaines représentations sont interrompues en raison du vent, un aléa qui rappelle aussi la fragilité de ces scénographies monumentales en extérieur.
Mon coup de cœur : Pigments de Lumière à Saint-Jean
Cette année encore, l’illumination de la Cathédrale Saint Jean est la plus spectaculaire de cette fête des Lumières 2018. La place permet à une bonne centaine, voire un bon millier de personnes d’assister, toutes les 15 minutes, à la séance « cinématographique » son et lumière. Projetées sur la Cathédrale, on croirait tantôt qu’elle bouge, tantôt qu’elle s’écroule, tantôt qu’elle se pare de mille feux. C’est impressionnant. Majestueux. Je crois que je n’ai pas assez de vocabulaire pour la décrire. J’étais absolument ravie l’an passé, mais cette année, c’est aussi beau !
Les jeux de lumières en font tout un art. Les reflets et reliefs mettent les monuments dans un autre contexte, hors du temps. Hélas, mes photos n’étant que peu exploitables, je vous laisse admirer la vidéo suivante, presque bien plus parlante !
Les artistes derrière les installations
L’œuvre Pigments de Lumière, conçue par le studio créatif OCUBO pour la cathédrale Saint-Jean, place le spectateur au cœur d’une véritable matière picturale en mouvement. Pigments, encres et fleurs sont diffusés dans l’eau puis filmés avant que ces images soient travaillées et projetées à grande échelle sur la façade. De l’art devenu lumière. Le projet reçoit d’ailleurs le Trophée du Club des partenaires lors de cette édition 2018.
Y a-t-il cependant une mise en avant des artistes qui ont conçu ces réalisations ? Pas forcément ! On se souvient de celles-ci des années après mais pas de celui qui en est le maître d’ouvrage. C’est bien dommage, mais ces artistes de l’ombre qui nous invitent dans la lumière sont bien souvent reconnus par leurs pairs et peuvent ainsi étoffer leur book de cette belle réalisation lors de cette fête traditionnelle.
Mon ressenti était beaucoup plus réservé devant Quantum, l’œuvre de Bernard Duguay et Anastasia Isachsen projetée sur la gare Saint-Paul. Le projet mêlait danse, musique, vidéo et théâtre d’ombres. Pourtant, à mes yeux, la projection exploitait moins la singularité architecturale du bâtiment. Sur une surface plus neutre, j’aurais sans doute ressenti un effet assez proche : c’est précisément ce contraste avec Pigments de Lumière qui m’avait marquée pendant cette édition.
Bilan de la Fête des Lumières 2018
L’édition 2018 aura réuni environ 1,8 million de visiteurs sur quatre soirées. Cette affluence transformait profondément le centre de Lyon : la Presqu’île devenait difficile à traverser et les accès étaient fortement encadrés. Même Snow, notre community manager, avait dû montrer patte blanche !
Au-delà de la foule, je retiens surtout la capacité de cette édition à transformer temporairement des lieux familiers. La cathédrale Saint-Jean en reste mon souvenir le plus marquant : quelques minutes de lumière suffisaient à faire redécouvrir un monument que l’on pensait connaître.