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Voyage des impressionnistes aux fauves – Musée Marmottan

musée Marmottan un voyage des impressionnistes aux fauves

Deux petites heures en train et me voilà à Paris pour la journée ! On peut dire que c’est rapide, à peine le temps de feuilleter une centaine de pages d’un livre que la gare d’arrivée est proche. Je retrouve donc l’une de mes meilleures amies pour découvrir avec joie le programme qu’elle m’a concocté. On commence la journée par une petite visite au musée Marmottan Monet dans le XVIe arrondissement. Et plus particulièrement, avec l’exposition « Collections privées : un voyage des impressionnistes aux fauves », qui s’est tenue du 13 septembre 2018 au 10 février 2019.

Note d’actualisation — août 2026 : cet article conserve le récit d’une visite réalisée en 2018 au musée Marmottan Monet. Les informations historiques concernant le musée, les œuvres citées et les mouvements artistiques ont été vérifiées et actualisées.

Le musée Marmottan Monet : une histoire de collectionneurs

Un peu d’histoire sur le musée Marmottan

Le musée Marmottan est l’un de mes musées préférés à Paris. Pour ne pas dire mon préféré. Il faut dire que depuis toute petite, j’adore Monet et le courant impressionniste. On vous offre un jour, quand vous avez 8 ans et que vous peignez, un livre d’art sur Monet et hop, vous êtes fan le lendemain. Pour la faire courte, j’avais la possibilité d’accéder en mode illimité à ce musée quand j’étais sur Paris.

J’ai donc tissé des liens professionnels avec l’adjoint du directeur feu Monsieur Desfachelle qui m’a permis d’en savoir un peu plus sur les scénographies adoptées pour les expositions temporaires et la permanente. Il avait toujours des étoiles dans les yeux lorsqu’il me présentait une oeuvre ou lorsqu’il me racontait une anecdote.

En 1882, le futur musée est encore un pavillon de chasse lorsque Jules Marmottan, avocat, maire et grand collectionneur, en fait l’acquisition. Son fils Paul en hérite l’année suivante et enrichit à son tour les collections. À sa mort, en 1932, il lègue l’ensemble à l’Académie des beaux-arts, qui ouvre le musée en 1934.

L’histoire du lieu change profondément au XXe siècle avec l’arrivée des collections impressionnistes. En 1940, Impression, soleil levant et plusieurs autres œuvres entrent au musée. Puis, en 1966, le legs de Michel Monet apporte plus d’une centaine d’œuvres de Claude Monet. Le musée Marmottan Monet conserve aujourd’hui la plus importante collection d’œuvres du peintre au monde. Pour retracer cette histoire, le site officiel du musée Marmottan Monet détaille les grandes étapes de la constitution de ses collections.

Exposition « Un voyage des impressionnistes aux fauves » au musée Marmottan Monet
Collections privées : Un Voyage des Impressionnistes aux Fauves

Collections privées : un voyage des impressionnistes aux fauves

L’entrée des œuvres

Connaissant déjà la collection permanente, nous filons, mon amie et moi, dans l’entrée aux allures égyptiennes de la collection temporaire. Là encore, le petit boudoir nous invite à patienter avec une belle œuvre, comme d’habitude. Ici, les personnages d’un Vuillard nous contemplent élégamment dans leurs fauteuils de salon.

Œuvre d’Édouard Vuillard présentée au musée Marmottan Monet
Vuillard Boudoir

Ensuite, le premier couloir du musée Marmottan nous mène vers de belles œuvres, très douces et nous transporte au temps des impressionnistes. Nous sommes accueillies par Les Pyramides à Port-Coton, temps pluvieux de Monet. Ce tableau ravit mon amie, mais moi… c’est un autre qui m’attire. Dès que je l’ai vu, je n’ai pas pu m’empêcher de me dire que c’était LE tableau de la collection. Je suis restée devant une bonne dizaine de minutes.

Mon coup de cœur : Le Déjeuner de Gustave Caillebotte

Plusieurs tableaux issus de collections privées ne pouvaient pas être pris en photo. Celui-ci en faisait partie, et c’est bien dommage ! Cette œuvre de Gustave Caillebotte, l’un de mes impressionnistes préférés avec Monet, n’est autre que Le Déjeuner. Daté de 1876 et conservé dans une collection particulière, le tableau mesure 52 × 75 cm. Hélas, les reproductions ne rendent pas hommage à ce magnifique tableau.

J’ai pu contempler de près le détail de cette peinture, la précision et la justesse de la transparence. Il est vraiment magnifique. En effet, on se croirait assis là, à table avec la famille Caillebotte, en train de déjeuner avec eux. Même si l’atmosphère de cette scène de la vie bourgeoise de tous les jours est pesante, à cause des tentures ou de la noirceur (deuil familial) des couleurs, elle n’en reste pas moins lumineuse. La solitude et le silence semble extrêmement présent dans ce tableau et l’on entendrait presque les couverts s’entrechoquer !

Le Déjeuner de Gustave Caillebotte
Le Déjeuner de Caillebotte

Une canopée de paysages

Oui, une canopée. Ces peintures attirent la lumière et la diffusent de manière répandue. Nous sommes attirées par ces belles couleurs pastels qui nous transportent dans des paysages verdoyants et où l’on s’y installerait volontiers avec un transat ! Et encore une fois, ce sont les Caillebotte qui m’attirent. En effet, ses scènes de vie ou ses paysages sont tellement réalistes que l’on pourrait marcher et rejoindre ces dames discutant tranquillement.

Le Jardin du Petit Gennevilliers de Gustave Caillebotte
Le Jardin du Petit Gennevilliers de Caillebotte

Le Pont de l’Europe

En poursuivant ma visite au musée Marmottan, je remarque une œuvre magistrale qui trône au fond d’un couloir coloré de tons pastels. Elle attire l’attention du visiteur qui entre, mais qui regarde tout d’abord les tableaux accrochés de part et d’autre de l’allée. Arrivés à sa hauteur, on se sent tout petit. On s’imagine marcher au centre de ce Pont de l’Europe, à côté de la Gare Saint Lazare. On pourrait presque aller caresser le chien marchant juste devant nous. Le comble aurait été que Gustave dessine une ombre au rebord bas du cadre, nous invitant à plonger directement dans son œuvre tel un marcheur et non un spectateur.

Le Pont de l’Europe de Gustave Caillebotte
Le Pont de l’Europe de Caillebotte

Peint, dessiné et photographié de nombreuses fois, le Pont de l’Europe à côté de Saint Lazare est LE point de passage obligé des artistes. C’est le quartier fréquenté par ceux-ci et la famille Caillebotte aura même construit un immeuble non loin du pont. Il était normal que les frères Caillebotte prennent le temps de peindre ou photographier leur environnement proche. Mais la Gare Saint Lazare est aussi celle qui les emmène vers la Normandie, le lieu privilégié des parisiens de l’époque. On se souviendra des peintures de Boudin, Morisot ou encore Turner, peignant des scènes de plage avec maillots de bain de l’époque, ou encore les belles falaises d’Etretat.

Direction les postimpressionnistes et les fauves

Mon amie et moi-même continuons d’avancer en admirant les croquis au fusain de Paul Signac et nous tombons par la suite nez à nez avec Gauguin. Pas physiquement parlant, hélas à quelques décennies près, mais avec Nature morte à l’Espérance, peinte en 1901.

La composition intègre une reproduction de L’Espérance de Puvis de Chavannes, une image que Gauguin conservait dans sa case à Tahiti. Ce dialogue entre les œuvres apporte une lecture supplémentaire à cette nature morte.

Nature morte à l’Espérance de Paul Gauguin
Nature morte à l’Espérance de Paul Gauguin

Plus nous avançons dans le musée Marmottan, et plus les couleurs deviennent chatoyantes et vives. Cela plaira à certains, mais personnellement, je reste plus sensible à la précision des impressionnistes. Le fauvisme s’affirme lors du Salon d’Automne de 1905, lorsque les œuvres aux couleurs particulièrement intenses de Matisse, Derain ou Vlaminck surprennent le public et la critique. Louis Vauxcelles contribue alors à populariser le terme « fauves ». Le Grand Palais revient sur cet épisode fondateur de l’histoire de l’art moderne.

Le fauvisme fut un mouvement particulièrement bref. Né autour du Salon d’Automne de 1905, il connaît ses années les plus intenses au cours de la seconde moitié des années 1900, avant que ses principaux artistes ne poursuivent chacun leur propre évolution.

Danseuse espagnole de Pablo Picasso
Danseuse espagnole de Pablo Picasso

Quelques sculptures nous permettent d’admirer la prouesse d’habileté de Claudel par exemple, mais la scénographie ne nous en apprendra pas plus. Nous nous demandons tous ce que ces œuvres d’art font ici, au milieu de Picasso et autres Gauguin. Sans doute pour laisser place à l’inspiration artistique

Retour à la collection permanente de Monet

L’exposition éphémère se termine sur ces petites notes chatoyantes. Nous descendons donc vers la sortie, qui nous fait passer irrémédiablement par la collection permanente de Monet. La scénographie a été retravaillée, et les œuvres sont agréablement mises en valeur. Les nymphéas sont de toute beauté, et en cette matinée d’automne, les visiteurs sont peu nombreux à cette heure matinale. Il nous est donc permis d’admirer les œuvres majestueuses de Monet en toute intimité.

Nymphéas de Claude Monet au musée Marmottan Monet
Les Nymphéas de Monet

Cette belle surprise de mon amie m’a permis de commencer la journée sereinement et encore rêveuse de la vision de ces peintres.

Cette exposition aura été une très belle occasion de découvrir des œuvres rarement accessibles au public et de parcourir plusieurs décennies de transformations picturales, des impressionnistes aux fauves. Elle reste surtout, pour moi, le souvenir d’une visite où certaines œuvres ont réussi à suspendre le temps pendant quelques minutes.

Le musée Marmottan Monet poursuit aujourd’hui sa programmation d’expositions temporaires autour de ses collections et de l’histoire de l’art. Les informations actuelles sont disponibles sur son site officiel.

Et pour consulter toutes les photos que j’ai prises, rendez-vous sur mon Instagram : Yueria !

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