En 2019, le Zoo Art Show #2 transformait à nouveau le 61 rue de Créqui, dans le 6e arrondissement de Lyon, en vaste terrain d’expression pour le street art. Fresques, sculptures et installations occupaient les différents niveaux d’un immeuble promis à la transformation.
Cette seconde édition prolongeait l’expérience menée au même endroit en 2018, tout en renouvelant profondément la scénographie et les œuvres présentées. J’avais eu la chance de parcourir l’exposition : voici le récit de cette visite, conservé comme témoignage d’un événement artistique lyonnais désormais terminé.
Note d’actualisation — août 2026 : cet article a été revu afin de replacer clairement l’événement dans son contexte historique, corriger plusieurs informations devenues obsolètes et améliorer la structure du récit. Les photographies et impressions de visite d’origine ont été conservées.
Sommaire de l’article
Zoo Art Show #2 : retour sur l’édition 2019
Le Zoo Art Show #2 s’est déroulé durant l’été 2019. Une première période d’ouverture était organisée du 29 juin au 4 août 2019, avant une prolongation du 24 août au 29 septembre 2019. Cette seconde édition reprenait le principe de l’année précédente : investir temporairement un bâtiment en transition et le confier à des artistes issus du street art et de disciplines voisines.
Une trentaine d’artistes venus notamment de Lyon, Paris, Toulouse ou Rennes participaient au projet. Graffeurs, peintres et sculpteurs transformaient l’immeuble en exposition immersive. Le DJ Groove Sparkz accompagnait également l’événement par ses mix. Comme lors du Zoo Art Show 2018, la découverte des œuvres commençait dès l’entrée.

Le bâtiment se trouvait alors en pleine transition immobilière. Arioste Immobilier avait de nouveau mis les lieux à disposition du projet, donnant aux artistes la liberté d’investir les murs avant leur transformation. Cette dimension éphémère faisait partie intégrante de l’expérience.
À l’époque, la communication en ligne restait volontairement succincte. La visite prenait donc tout son sens sur place, au fil des étages et des changements d’ambiance. Les photographies qui suivent restituent cette progression dans le bâtiment.

Une exposition éphémère au 61 rue de Créqui
Pour cette édition, des visites guidées et privées complétaient la découverte libre. Elles apportaient un éclairage supplémentaire sur les fresques, les choix de supports et les intentions des artistes.
À l’entrée, le petit hall rose vif donnait immédiatement le ton. J’avais choisi de venir peu après le déjeuner, à un moment encore assez calme, ce qui laissait le temps d’observer les œuvres. Tous les niveaux étaient accessibles lors de cette visite.
Les artistes du Zoo Art Show #2
Plusieurs artistes déjà présents en 2018 revenaient pour cette nouvelle édition. On retrouvait notamment Aero, graffeur rennais reconnu pour ses compositions hyperréalistes, mais aussi Agrume et le Lyonnais Kalouf. De nouveaux artistes complétaient cette sélection et renouvelaient l’identité visuelle du lieu.
Une scénographie entièrement renouvelée
L’un des intérêts de cette seconde édition tenait au renouvellement des espaces. Même adresse, mais nouvelle visite : les œuvres et les mises en scène transformaient la lecture de chaque niveau.
Le rez-de-chaussée et ses œuvres urbaines

Le rez-de-chaussée ne ressemblait plus à celui de 2018. Des châssis de voitures et différents éléments automobiles occupaient l’espace après avoir été revisités par les artistes. Cette présence renforçait le dialogue entre culture urbaine, objet industriel et peinture.
Aero avait d’ailleurs conservé son emplacement de l’année précédente et recouvert sa propre œuvre. J’avais trouvé ce geste particulièrement intéressant : même lorsqu’un artiste retrouvait le même mur, rien n’était figé dans cette exposition éphémère.

Une jungle sculpturale au premier étage
Le premier étage du 61 rue de Créqui abritait un véritable zoo en sculpture.
En montant la dernière marche, la forêt nous accueillait de ses branchages. Une « fausse verdure » recouvre le plafond. Des cages disséminées dans toute la (vaste) pièce donnent l’impression d’un zoo de ville. Ce Zoo Art Show #2 est une invitation à un safari en cage dorée.

Le parcours faisait apparaître un rhinocéros grandeur nature sur la gauche, des girafes sur la droite. Un gorille un peu plus loin à gauche et de l’autre côté des lions. Et pour finir, un crocodile en fond de jungle, clin d’oeil à Noir Désir « Aux sombres héros de l’amer » !

Un petit renfoncement, caché par un rideau noir, invite les curieux à pénétrer dans une pièce toute sombre. En y entrant, nous découvrons un film projeté. Cette création made by le collectif Blast s’ouvre sur un caméléon. La fine équipe qui le compose n’est autre que Romain Lardanchet, Julien Menzel et Kalouf. On se rappelle bien de leur projet titanesque Terminal en 2017, mélange du monde d’Alien, du manga Evangelion et du jeu vidéo PREY.
Le second étage et le bar éphémère
Lors de l’édition 2018, le deuxième étage était resté fermé au public pendant les week-ends de visite. En 2019, le Zoo Art Show #2 ouvrait cet espace particulièrement lumineux. On ne s’attendait pas à cela. Des sculptures ornent cette entrée : les œuvres de Romain Lardanchet sont monumentales.

J’avais déjà pu le constater dans le hall d’un immeuble proche de là où je travaille, avec le stégosaure d’acier Gustave. Si seulement j’avais eu davantage de place chez moi, j’aurais volontiers adopté ces créatures félines !
Il n’y a pas que ces beautés sculpturales qui nous attendent à ce second étage de ce Zoo Art Show #2. Différents tableaux, une sculpture lumineuse et un gros lion ornent le bar éphémère du Ninkasi, partenaire pour l’occasion.

Les nouveautés de l’édition 2019
Le Zoo Art Show #2 ne se limitait pas au renouvellement des œuvres. Le 18 juillet 2019, une vente aux enchères et un événement hip-hop étaient notamment organisés au profit de l’association Appel Rhône-Alpes et de son action auprès d’enfants atteints de cancer. L’initiative avait permis de réunir un peu plus de 10 000 euros.
The Big Zoo Wall de Kalouf à Part-Dieu
À proximité de la gare Part-Dieu, Kalouf réalisait également une œuvre monumentale sur la façade de l’ancien Novotel. Baptisée The Big Zoo Wall, cette fresque d’environ 2 000 m² représentait un gorille gigantesque sur un bâtiment destiné à disparaître. Le caractère temporaire de l’œuvre faisait directement écho au Zoo Art Show lui-même.
Kalouf travaille régulièrement autour de la faune et des espèces menacées. Cette œuvre prolongeait cette démarche en confrontant directement le passant à la figure animale. Un exemple particulièrement parlant de la façon dont l’art peut servir à dénoncer ou à interroger notre rapport au vivant.


Une édition qui annonçait la suite du Zoo Art Show
À l’époque, la visite s’achevait sur une question toute simple : y aurait-il un Zoo Art Show #3 ? L’histoire a depuis répondu. Le projet s’est poursuivi bien au-delà de cette seconde édition et Zoo Art Show est devenu une initiative durable de la scène artistique lyonnaise.
Relire cette visite aujourd’hui montre surtout ce que cette édition avait déjà installé : une exposition profondément liée à son lieu et une place importante accordée aux œuvres monumentales. Le site officiel de Zoo Art Show présente désormais les artistes et les projets qui ont prolongé cette aventure.
Informations historiques sur l’édition 2019
Ces informations correspondent à l’organisation de l’événement en 2019 et sont conservées ici à titre d’archive :
- Première période d’ouverture : du 29 juin au 4 août 2019.
- Prolongation : du 24 août au 29 septembre 2019.
- Adresse : 61 rue de Créqui, 69006 Lyon.
- Ouverture libre annoncée les week-ends de 14 h à 18 h.
- Des visites guidées et privées étaient également proposées selon les périodes.
Le Zoo Art Show #2 appartient désormais à l’histoire récente du street art lyonnais. Ses œuvres ont disparu avec le lieu, mais les photographies de cette visite conservent la mémoire d’une exposition conçue précisément pour être éphémère.